Attente



Au
fond de son lit bleu, dans la
demi pénombre,
L'enfant
est aux aguets, et ne veut s'endormir,
Elle
voit sur les rideaux, et dans
les recoins sombres,
De
la chambre assoupie, mille images
fleurir.
Son
souffle est profond, ses yeux
vont et reviennent,
Du
plafond blanc aux murs, recouverts
à la chaux,
Ses
pensées tourbillonnent;
Derrière les persiennes,
Elle
sent la nuit profonde, inquiétante
d'échos.

C'est
ainsi chaque soir, les semaines
où son Père
Travaille
tard dehors, il rentre à
minuit,
De
ce rite immuable sans doute
il appert,
Que
l'enfant est inquiet, son petit
coeur frémi.
Elle
s'applique dans des réflexions
si profondes,
Qu'elle
en oublie souvent, ce qui autour
du lit
Existe.
Et les minutes s'égrènent
en notes rondes,
Et
deviennent les heures qui sonneront
minuit.

La
porte est ouverte, et la lumière
pâle
De
la cuisine où veille
une maman,
Donne
des teintes sombres de l'ombre
en cavale,
Des
reflets irisés en pointe
de diamant.
A
chaque petit bruit, Coco soupire
d'aise,
Elle
sent son angoisse régresser
à demi,
Les
terreurs de la nuit, soudainement
s'apaisent,
Maman
est là et veille sur
son enfant chérie.
Que
c'est long chaque soir, quelle
attente inhumaine!
O!
Papa presse-toi, reviens vite,
tu sais,
Je
t'attends pour dormir, et j'ai
bien trop de peine,
Pour
m'évader sans toi, dans
des rêves dorés.

Soudain
le bruit léger d'un pas
se manifeste,
Devant
la porte où, Sultan est
allongé.
Voilà
Papa..C'est lui, il arrive..Et
leste,
Le
chien s'écarte un peu
pour le laisser entrer.
O!
Joies indescriptibles...L'étreinte
insupportable
De
la peur se desserre, elle se
laisse aller
Au
bien-être ouaté,
sentiments ineffables,
Et
glisse lentement dans les bras
de Morphée
( Coco est le surnom que me
donnait mes parents )



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