Pensées pour le
Poète


Quoi ! La saint Arthur ! Aujourd'hui c'est la fête. Célébrons le poète aux
semelles de vent, Contemplons son étoile dans le bleu firmament, De sa
prose et ses vers, enivrons-nous la tête.

C'est un nectar divin qui coule dans nos âmes, Et ses mots flamboyants ,
font un bel arc-en ciel, Leurs sons et leurs couleurs deviennent
l'essentiel, Nous transportant ailleurs, ravivant notre flamme.

Mes pas, soudainement m'entraînent vers le square, Où trône fièrement le
buste de Rimbaud. Les « pelouses mesquines » se piquent de lambeaux, Des
feuilles rouges et or, dont l'automne les pare.

Les vieux bancs du passé sont là et nous invitent, A la pause obligée,
pour le recueillement, Tandis que du bassin, les rochers
apparents, Dressent haut, leurs dômes, aux formes mégalithiques.

Les rentiers à lorgnons, les gros bureaux bouffis, Tous ces bourgeois
poussifs, les alertes fillettes, Le désert absolu autour de la
gloriette, L'orchestre militaire.Où sont-ils, Sapristi. !!!

En ce jour de novembre, là, devant la statue, Je m'incline humblement, et
mes pensées s'envolent, Vers un ailleurs lointain : C'est une
farandole, De rimes et d'images, comme un sous-entendu.

Je m'éloigne et remonte par la rue Jean-Jaurès. Tout au bout j'aperçois,
Charles de Gonzague, Sur la gauche, un kiosque où les fleurs
extravaguent, Me fait un petit signe, plein de délicatesse.

Fureteurs mes regards portent sur une rose, D'un beau rouge incarnat,
pétales veloutés, Une tige immense à la base épointée Dans son papier
brillant, elle a un air grandiose.

Je l'acquiers et reviens, pour déposer la fleur, Aux pieds du grand
Rimbaud, je veux fêter Arthur, O ! la chance inouïe d'être en
villégiature, Dans sa ville superbe aux décors enchanteurs.

Et je sens en mon sein vibrer mille tendresses, Au tomber de la nuit, dans
ce square désert, Il pleure dans mon cour, comme dans l'univers, Je te
salue poète, Hommage je t'adresse.
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